/ / /

 

saintecroix aout 2013 024

 

  Au cours de vos vacances, vous aurez peut-être la chance d’aller pêcher sur le cours du Verdon et sur ses lacs. Ces derniers présentent un intérêt majeur pour les pêcheurs passionnés comme pour le pêcheur-touriste qui désire à la fois emmener sa petite famille patauger dans l’eau claire et profiter de son loisir préféré en toute quiétude (ou presque). Bien sûr,  Je n’ai pas la prétention de connaître ces plans d’eau comme ma poche, il faudrait une vie pour cela, mais je vais essayer de dresser le portrait général de chacun d’eux et de vous donner un ou deux tuyaux.

Avant de les aborder en détail, j’ajouterais qu’ils présentent quelques caractéristiques communes, et notamment la couleur turquoise de l’eau qui surprend tous ceux qui les découvrent pour la première fois. Cette couleur s’explique par le calcaire dissout dans l’eau en très fines particules et le temps ensoleillé de la haute Provence dont le ciel bleu profond se reflète en bleu-vert sur les hauts fonds. La présence du calcaire a également une incidence bénéfique sur la croissance des poissons qui atteignent rapidement des tailles conséquentes, surtout pour les truites de lac qui hantent ces profondeurs !

 

 Autre particularité, la pêche à la traine y est autorisée, moyennant une taxe supplémentaire et l’obligation de remplir et de renvoyer en fin de saison un carnet de captures à l’une des fédérations locales.

 

Sachez aussi que sur tous ces lacs, le moteur thermique est interdit, et compte tenu des distances parfois considérables que vous serez amené à parcourir, un jeu d’au moins deux batteries s’avère indispensable, ainsi qu’une bonne paire d’avirons au cas où….

 

 

 

   

   Castillon, le minéral.

 

IMG 3771

 

  Situé au cœur des Alpes de haute Provence, le lac de Castillon étire ses eaux bleues entre Saint-André-les-Alpes et Castellane. D’une superficie de 500 hectares, il peut atteindre 90 mètres de profondeurs à certains endroits. C’est la première des grandes retenues construites sur le Verdon. Nous sommes ici en moyenne altitude, et le climat est assez rude l’hiver. Les eaux, même en plein été, restent fraîches.  La végétation riveraine est surtout composée de pins sylvestres. La végétation aquatique est absente, ce qui, ajouté aux barres rocheuses pelées qui dominent le paysage, accentue le côté minéral de ce lac.

 Je dois avouer que c’est celui que je connais le moins bien. J’y ai pêché quinze jours durant il y a quelques années en arrière, sans grand succès. Quelques perches seulement, mais brochets et sandres, et surtout truites, sont bien présents. Où ? Les locaux n’étant guère loquaces, je n’ai pas pu le deviner. A l’époque je n’avais pas de bateau, je me suis donc déplacé le long des rives, qui sont faciles d’accès côté barrage. Une petite base nautique est située à l’extrémité sud du lac, que vous atteindrez rapidement en partant de Castellane. L’endroit est charmant, bien qu’à mon goût peu poissonneux, malgré les bancs d’ablettes en grand nombre. En poursuivant la nationale après le barrage, vous arriverez à Saint Julien du Verdon, petit village typiquement provençal, qui possède une mise à l’eau et un petit port de plaisance. A cet endroit comme pratiquement tout le reste du lac, les rives sont très abruptes. Ici non plus je n’ai pas fait de prises extraordinaires, mais le spot avait l’air meilleur que le précédent.

 Enfin, vers Saint-André les rives s’abaissent à nouveau et l’arrivée du Verdon dans le lac est sûrement l’un des meilleurs endroits pour le pêcheur à pied. La chance n’était pas avec moi et je n’ai rien fait aux leurres, mais ça ne veut pas dire bien entendu que l’endroit est nul ! Comme je l’ai dit, je n’ai fait qu’effleurer ce lac qui est assez différent des autres, et où je pense que l’utilisation d’un bateau est vraiment indispensable pour avoir des résultats corrects.

Le petit barrage de Chaudanne situé juste en dessous passe pour être un excellent coin à brochet. Les rives sont malheureusement très abruptes, voire franchement casse-gueule, et les spots praticables sont peu nombreux, mais effectivement  il y a du poisson. Un petit brochet maillé à l’ondulante sauvera mon séjour !

 

 

Sainte-Croix, le géant.

 

IMG 4753


 Situé à la limite du Var et des Alpes de Haute Provence, Sainte-Croix en impose lorsqu’on le découvre pour la première fois en arrivant du plateau de Valensole, avec ses 2200 hectares d’eau turquoise! C’est l’un des plus grands barrages de France, et l’un des plus récents puisque sa construction remonte seulement à 1975. Il est si grand que les Canadairs s’y posent régulièrement l’été pour remplir leurs réservoirs d’eau. D’une profondeur maximale de 50 mètre, ses rives sont la plupart du temps dégagées et accessibles, peuplées au bord de saules et de peupliers, puis de pins d’Alep, de buis, de chênes verts et de genévriers, typiques de la végétation méditerranéenne. A l’horizon, les premiers contreforts des alpes dessinent leurs silhouettes majestueuses.

 L’attraction principale pour les touristes est bien sûr la remontée des premiers kilomètres des légendaires gorges du Verdon, impressionnant canyon flanqué de falaises calcaires hautes de plusieurs centaines de mètres. Revers de la médaille et rançon du succès, les vacanciers du monde entier viennent en masse admirer ce monument minéral… Vous ne serez presque jamais seul au bord de l’eau, mais vous verrez qu’heureusement il y a assez peu de vrais pêcheurs. Cette dernière considération vous fera comprendre qu’on est plus tranquille si on a la chance de posséder sa propre embarcation, compte-tenu des tarifs souvent prohibitifs des loueurs de bateaux.

 La végétation aquatique est bien présente, surtout les plantes du genre Chara typique des milieux calcaires, qui tapissent les premiers mètres de fond, mais également les myriophylles et les vallisnéries si les marnages n’ont pas été trop important, cela dépend des années. Il faut bien voir que ces lacs ont été conçus pour soutenir l’étiage et alimenter en eau toute la Provence pendant les mois d’été, les variations de niveau dépendent donc du besoin en eau des populations situées en aval.

   Toutes les espèces de carnassiers sont représentées, même le silure depuis quelques années (introduit clandestinement bien sûr…) et les blancs ne sont pas en reste (tanches énormes, carpes monstrueuses, brèmes, gardons, ablettes etc, pullulent…). L’écrevisse américaine est abondante, on peut en ramasser des kilos certains jours, rien qu’en se baissant ! La densité en poisson est vraiment impressionnante. Le graal de tous les pêcheurs locaux reste quand même la capture de la truite de lac, dont certaines frôlent le mètre, et que l’on recherche principalement à la traîne.

 

IMG 4773Le village de bauduen


 Question coins de pêche, on a l’embarras du choix…Personnellement, j’apprécie tout particulièrement la rive sud, un peu mo ins fréquentée, soit du côté de La salle sur Verdon et son île (fameuse en toute saison pour le carnassier) où les mises à l’eau sont correctes, soit du côté de Bauduen, qui offre une multitude de criques intéressantes.

   Le village de Sainte-Croix quant à lui est bordé sur sa gauche, en direction des gorges, de tombants réputés pour les gros brochets.

 Les abords des gorges sont également de bons coins, à condition de pêcher tôt le matin, car l'été, dès 9h30, l’armada des canoës et des pédalos vous fera rapidement plier les cannes !

Comme je le disais en introduction, une vie ne suffirait pas à connaître tous les recoins de ce lac magnifique, mais je vous tiendrai au courant dans ce blog de mes découvertes en la matière.

 

 

 

 

Esparron, le mystérieux.

 

Esparron 07 2013 019


  Situé à quelques kilomètres de la ville de Gréoux-les-Bains, il est partagé entre les départements du var et des Alpes-de-Haute-Provence. D’une superficie de 360 hectares, et d’une profondeur moyenne de 20m, il présente la particularité d’être enchâssé dans les basses gorges du Verdon et d’avoir des rives très abruptes. La partie aval est assez large, puis les rives se resserrent pour reprendre leur aspect originel à mesure que l’on remonte vers le barrage de Quinson, ce qui donne au lac son profil caractéristique en forme de dragon. Peu de plages donc, et peu de mise à l’eau. Le petit village d’Esparron-sur-Verdon en possède plusieurs mais elles sont prises d’assaut l’été, c’est pourquoi je vous conseille plutôt le petit port de St Julien sur l’autre rive, que l’on atteint en prenant une petite route sinueuse à partir de Gréoux. La mise à l’eau est rustique mais praticable, et si vous arrivez suffisamment tôt, pas de problème pour garer voiture et remorque. C’est d’ailleurs de là que partent les « vrais » pêcheurs !

Toutes les espèces de poissons y sont représentées, à l’exception du silure et du black-bass (à ma connaissance). Les eaux cristallines permettent de voir nettement le fond jusqu’à 5 à 6m, on aperçoit donc souvent nettement les poissons, qui, inversement, vous aperçoivent très bien eux aussi ! Une simple plongée en apnée avec masque et tuba à la belle saison vous permet de vous faire une idée du potentiel de ce lac : brochets et perches abondent dans les herbiers de chara qui tapissent les fonds. Cette présence permanente d’herbier est une bénédiction pour les poissons, mais une malédiction pour tout ce qui porte hameçon ! Il vous faudra donc adapter vos techniques de pêche en conséquence. Subissant très peu de marnage, c’est un lac serein et un peu mystérieux, très dépaysant quand on le découvre la première fois.


IMG_4860.JPG

 

Certains endroits ressemblent à s’y méprendre aux calanques marseillaises, d’autres aux lacs scandinaves, avec des rives couvertes de pin sylvestres. Certains bras s’enfoncent d’ailleurs très loin entre les collines.

 Presque aussi fréquenté que Sainte-Croix en été, les baigneurs se concentrent surtout vers le village d’Esparron et de ses plages, c’est pourquoi je préfère nettement la partie côté barrage, inaccessible autrement qu’en bateau. Les grosses perches sont ici légions, calées le long des falaises, et les brochets ne sont pas en reste. On en prend beaucoup de petits non maillés de 30/35 cm, ce qui atteste d’une bonne reproduction. Il y a aussi leurs grands-pères, qu’on recherchera plus au large, à l’aide d’une belle ondulante ou d’un gros shad. Il est presque impossible de rentrer bredouille du lac d’Esparron, bien que ce me soit déjà arrivé ! La densité en poisson est encore supérieure à celle de Sainte-Croix, de mon point de vue.

 

Entre Sainte-Croix et Esparron, on trouve également la retenue de Quinson. D’une superficie plus modeste que les 3 précédentes (190 hectares), elle présente les mêmes caractéristiques pour la pêche. J’en parlerai mieux dans un prochain article.

 

architectes de l'eauSi l’histoire des aménagements hydrauliques de la Provence vous intéresse, je vous conseille la lecture d’un livre passionnant sur le sujet : « Les architectes de l’eau », de Michel Jean, chez Acte Sud. Cela permet de mieux comprendre le pourquoi et le comment de ces barrages.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Textes et photos: jean-Paul Charles

Partager cette page

Repost 0
Publié par

La Pêche est un art...

Bienvenue sur mon blog, dédié à la pêche en lac dans le Sud-Est de la France.

Grand amateur de leurres depuis plus de trente ans, je n'en aime pas moins toutes les formes de pêche. Vous trouverez ici des techniques, des tests de matériel, des coins de pêche, des reportages, des coups de gueule et des digressions dont j'ai le secret... Ma parole est libre.

Vous pourrez lire aussi dans l'onglet "dossiers" certains des articles que j'ai publié dans le blog de mon ami Sylvain l'Esoxiste, infatiguable journaliste halieuthique et grand pêcheur devant l'Eternel.

Pour moi, la pêche est un art; un art de vivre et un art tout court.

Sectaires, intégristes, maniaques ou psychorigides halieuthiques : Passez votre chemin! Ce blog n'est pas pour vous.

Curieux, ouverts, contestataires ou bretteurs, j'accepterai volontiers de débattre avec vous, si vous avez le sens de l'humour!

Bonne lecture.

 

Jean-Paul Charles